Non classé Reflections - Réflexions

Jusqu’où peut-on aller ?

Hier j’ai tenté de regarder le film Dominion sur la condition animal. J’ai tenu les 10 premières minutes. Colleen a quitté la pièce à la 8ème.  

Combattre la violence par la violence ?

Ce matin je me suis dit que ce serait probablement le cas pour bon nombre de personnes qui “aiment les animaux”, mais qui continuent de manger de la viande. Il sera très difficile pour eux de regarder ce film d’une extrême violence et pourtant cela ne changera pas grand-chose dans leur consommation. Majoritairement ces personnes croient que la consommation de viandes, de laitages et d’œufs est nécessaire pour leur santé. Nous ne sommes pas dans le domaine de l’affect, mais clairement dans une logique de survie. Et pour survivre, l’être humain, comme tout animal, est prêt à tout. Ici il n’est pas question de raison, mais d’instinct. Si on admet cela, on entrevoit que toute entreprise qui userait de la violence – en images ou en actes – pour éveiller les consciences n’aboutira pour une grande majorité qu’à l’effet inverse. Des gens qui risquent de se radicaliser pour se défendre de ce qu’ils pensent être une attaque contre leur intégrité et celle de leur famille. On entend trop souvent à tort que les végans préfèrent les animaux aux humains. Il y a une raison… 
Je ne suis pas le premier à le dire, mais je le répète, on ne peut pas combattre la violence par violence.

Je comprends les personnes qui étouffées par la violence faite à l’égard des animaux, se décident à passer à l’acte et font des opérations “commando”. Mais je leur pose la question. Votre combat est-il durable ? Après vous que restera t’il de votre action. Si vous disparaissez demain, même si toutes vos actions coordonnées libèrent 10.000 ou 100.000 animaux, mais que la société n’a pas changée, que deviendront les milliards d’autres captifs ?
Comme je le disais lors d’une discussion sur un forum, j’ai grandi à l’époque où sévissait la “Fraction armée rouge” ou “Action directe”. Deux groupes armées, extrêmement déterminés et ne reculant devant rien pour défendre un idéal d’égalité entre les hommes et où le capital ne dirigerait plus la société. Pour cela ils se sont affranchis des règles élémentaires de notre droit. Ils ont été jusqu’à tuer pour leur cause. La société a-t-elle vraiment changée en mieux depuis les années 70 pour les “classes laborieuses” ? Que reste-t-il de leurs actions violente et spectaculaire ? Où les à mener toute cette violence ?… 

 

Un combat qui passe par l’éducation et l’exemple ?

Mais que ce passe-t-il si ces personnes découvrent que finalement elles peuvent survivre sans consommer de produit d’origine animale ? Mieux encore, que par certains côtés leur santé peut s’en trouver améliorée ? Vont-elles, en toute conscience, prendre le risque de tomber malade, ou de rendre leurs enfants malades ? Je ne le pense pas. Pourront-elles continuer “d’aimer les animaux” et les laisser se faire tuer sans raison impérieuse ? Qui rêverait d’une société violente pour y voir grandir ses enfants ? Pour moi le combat doit être livré sur ce terrain. Faire changer les a priori des consommateurs. Déconstruire les croyances mises en avant par la publicité et l’agro-industrie. Activistes végans, Je vous en conjure, prouvez au monde que vous êtes des gens en pleine santé physique et mentale ! Soyez sains de corps et d’esprit. Battez en brèche les idées reçues ! Non, les végans ne sont pas violents. Non, les végans ne sont pas tous malades. Non, les végans ne sont pas plus fatigués que les autres. Non, les végans ne place pas les autres espèces au-dessus des humains. Et surtout, non, les végans ne sont pas asociales !…

Faut-il devenir végan pour sa santé, l’environnement ou le bien-être animal ?

Vous l’avez déjà compris. Pour moi, ce qui compte ce sont les moyens – non violents – et le résultat. On ne peut pas attendre de parents de 40 ans d’avoir les mêmes motivations que des jeunes de 18 ans. Si pour les premiers, la sécurité de leur famille passe avant tout, pour les seconds on est dans l’âge où l’on peut mourir pour ses idéaux.  Là où les premiers seront convaincus par les arguments de santé et environnementaux, qui affecteront nécessairement leurs enfants, les seconds trouveront dans la lutte pour la libération animal un combat qui les unit et les transcende. Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises raisons d’être végans, mais il y a de bonnes ou mauvaises manières de pousser les gens à le devenir. Pensez-y !

Christophe

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